Sélectionner une page

Au sortir d’une longue période à la quête de l’emploi, vous avez réussi à obtenir un entretien. Le poste, la mission et l’entreprise vous plaisent, et cette dernière est très intéressée par votre profil. Il reste donc un détail à régler: votre salaire. Négocier son salaire à l’embauche est toujours une épreuve assez délicate. Face à l’employeur, il faut réussir à faire preuve à la fois de détermination et de tact.

4 bonnes raisons de négocier votre salaire à l’embauche

Tout comme il est bon de négocier son salaire à l’embauche, il est aussi intéressant de savoir pourquoi il est important de bien effectuer cette négociation. Quelles-en sont les raisons?  En voici quelques-unes qui vous aideront à comprendre le «pourquoi».

Relativiser la négociation de votre rémunération

Bon nombre de candidats particulièrement ceux-là qui n’ont pas le fameux «tempérament commercial», se mettent une grande pression dès l’instant où ils doivent négocier leur rémunération à l’embauche.

Voici donc quatre bonnes raisons vous permettant de vous lancer en plein dans la négociation salariale durant votre recrutement (entre autres afin d’éviter de traîner avec vous un salaire qui ne vous intéresse pas  durant une période indéterminée, avant d’espérer une renégociation au courant des divers entretiens qui suivront après votre recrutement).

Négociez parce qu’il n’y a aucune raison d’être inquiet

Négocier son salaire à l'embauche - négociation

Ne pensez surtout pas que c’est parce que vous affirmez votre prétention salariale que vous serez considéré comme un profiteur.

À cette étape, normalement, si votre recruteur vous en donne la possibilité (très souvent c’est par des indices tels que «A quelle rémunération vous attendez-vous?»), discutez-en avec lui car c’est justement ce qu’il attend.

La logique voudrait qu’il ne revienne pas sur la décision qu’il prendra, sauf si bien sûr, il y a un énorme décalage entre la nature du poste, votre profil, vos compétences et le budget. Mais en principe, étant donné que vous avez idéalement préparé votre entretien et donc, que vous connaissez la fourchette des salaires à laquelle vous devez vous attendre, vous ne prenez donc aucun risque.

Négociez parce que vous ne voulez pas passer pour la personne trop sympathique

Si le poste pour lequel vous postulez, est un poste basé sur la négociation (même si c’est à un degré assez faible), par exemple la gestion de projets, la coordination ou le management (en bref, un poste où vous devrez vendre des produits ou services à des clients, des IRP, des fournisseurs, des équipes projet). Il sera assez bizarre que vous ne montriez pas un minimum d’intérêt pour la négociation de votre salaire, durant l’entretien.

Vous pouvez prendre le risque de laisser passer l’occasion de discuter. Le problème c’est qu’à la longue, plus vous manquerez des occasions de vous affirmer face à l’entreprise, plus vous serez rapidement catalogués comme la personne trop gentille, trop sympa, celui qui ne sait pas dire non, qui rapporte toujours du boulot chez lui pour le terminer, qui accepte les missions supplémentaires sans contrepartie, ou qui rentre toujours très tard du boulot. Et là, vous serez vite exploité. Alors, affirmez-vous, cela vous fera un grand bien.

Négociez, car après tout, vous avez envie et besoin de cet argent

La raison de base, et la plus évidente lorsque vous discutez votre salaire, c’est bien entendu parce que vous allez être en difficulté si le salaire de base qui vous est proposé ne vous donne pas la possibilité de vivre matériellement selon vos envies.

Vous devez au préalable avoir fait une petite étude et savoir avec exactitude quelle quantité d’argent il vous faut pour vivre au quotidien. Choisissez le niveau en deçà duquel vous serez dans l’incapacité de régler vos factures. Ajoutez-lui la marge de confort qui vous permettra de vous épanouir (vacances, loisirs, vêtements, voyages et distraction pour vous et les enfants), et là vous obtiendrez votre salaire souhaité. Intégrez ce salaire dans une fourchette dans laquelle vous ne sortirez pas.

Négociez, parce que vous ne voulez pas donner raison au système

Très chers, une raison supplémentaire de négocier votre salaire réside en le fait que vous avez accumulé au fil du temps de l’expérience, un certain regard, du recul, un savoir-faire. Penser que vous êtes déjà dépassés ou qu’aucune entreprise ne voudra plus de vous, pour justifier le fait d’accepter n’importe quelle proposition qui passe est archifaux.

Maintenant que vous savez pourquoi il est bon de négocier votre salaire, vous allez maintenant découvrir comment le faire de manière subtile, en quelques astuces.

Quelques astuces pour bien négocier votre salaire

La période de négociation est en général très révélatrice aussi bien pour vous que pour le recruteur. Vous concernant, vous allez en apprendre davantage sur votre probable futur employeur et supérieur hiérarchique. Le montant qu’on vous proposera est-il déjà figé ou ont-ils déjà prédéfini une fourchette avec l’objectif de réussir à vous faire accepter le minimum? Cela vous permettra également de vous faire une idée personnelle de leur degré d’intégrité.

Ne perdez pas de vue qu’une fois recruté, votre premier salaire va servir de base pour la suite de votre carrière.

Soigner son habillement

Votre interlocuteur doit être convaincu à la fois par votre argumentaire et votre personne.
Soignez votre apparence. Habillez-vous proprement et élégamment, serrez fermement la main de votre recruteur et regardez-le droit dans les yeux (le plus souvent possible) pour lui montrer votre sincérité. Ensuite n’ayez pas peur de vous présenter. Faites-le aussi naturellement possible, comme si c’était auprès d’un de vos proches étant jovial et structuré dans vos propos, (une répétition ne vous fera pas de mal).

Pour finir, dans cette étape de séduction réciproque,  il ne faut surtout pas oublier la communication informelle. Les résultats d’études menées prouvent que votre attitude, votre voix, votre corps, et votre regard donnent des indices sur vous.
Soyez donc positifs, pensez au besoin à un succès passé. Cela vous permettra d’être dans les meilleures conditions possibles pour aborder cet échange. Le recruteur doit sentir se dégager de vous cet esprit de positivité et de sérénité qu’il recherche.

Connaître votre valeur sur le marché de l’emploi

Avant d’entamer la phase de la négociation, il faut être crédible devant votre recruteur et éviter de paraître en décalage avec la réalité du marché. Vous devez tout d’abord connaître votre réelle valeur sur le marché.

Vous devez connaître le salaire conforme au marché, c’est-à-dire le salaire que touche une personne ayant le même profil que le vôtre, exerçant dans la même branche d’activités que vous, ayant votre niveau hiérarchie, votre localité géographique, votre expérience et votre expertise.  Ces informations vous permettront de négocier plus intelligemment.

Pour ce qui est des fourchettes de salaire pratiquées dans votre secteur, vous pouvez utiliser les enquêtes de rémunérations que les cabinets de recrutement réalisent chaque année. Avoir un avis objectif de votre valeur marchande, est un préalable essentiel à toute négociation pendant un processus d’embauche.

L’entreprise vous a-t-elle couru après pour cet entretien ou alors, est-ce vous qui l’avez sollicité? En fonction de la réponse à cette question, votre position (position de force ou pas) pour votre négociation salariale sera différente.

Dans le premier cas de figure, vous pouvez espérer une augmentation considérable de votre salaire. Cela signifie que votre recruteur est assez intéressé par vos compétences et votre profil. En plus, vous prendrez un risque en abandonnant votre précédent emploi pour celui-ci. Le processus est le même partout, vous allez devoir recommencer  période pendant laquelle vous serez à l’essai, vous perdrez donc votre ancienneté (dans la structure dans laquelle vous avez  précédemment travaillé et cela a de  l’importance) et vous redevrez faire vos preuves dans la nouvelle entreprise. C’est à votre recruteur de vous faire une proposition assez alléchante pour vous attirer.

Négocier son salaire dès le premier entretien ? A éviter !

Normalement, le premier à aborder ce sujet est le recruteur. En effet, généralement, il va prendre le temps de vérifier que votre profil l’intéresse, une fois cela confirmé, il évoquera la question du salaire. Dans les négociations, l’un des principes de base veut que le premier à s’exprimer soit le plus vulnérable.

De plus, vous pourriez être surpris que ce qu’on vous propose soit au-delà de vos espérances. Dans le processus de recrutement, généralement vous êtes convoqués à 2, 3, et parfois même 4 entretiens. Dans pareil cas, il n’est pas opportun que vous évoquiez la question salariale dès l’entretien initial. Votre recruteur peut penser que le salaire est ce qui vous importe en priorité, et non le contenu de la mission qui vous sera assignée.

Il y a des cas où lorsqu’un chasseur de têtes vous contacte, même encore au téléphone, celui-ci vous demande à quelle fourchette salariale vous vous attendez. Il souhaite simplement vérifier que le budget de son entreprise peut lui permettre de vous recruter et de vous payer. D’où l’importance de toujours avoir en tête une fourchette salariale! Vous pouvez être contacté à n’importe quel moment.  Soyez donc prompt à réagir.

Pour réussir sa négociation salariale il faut souligner sa valeur ajoutée

Votre recruteur n’est pas un débutant, il connaît son travail. Dans la négociation, cela ne servira donc à rien de lui parler des détails du poste pour lequel vous postulez. Pour avoir plus de poids vous devrez vous montrer convaincant, ceci en lui parlant de votre valeur ajoutée. Cela peut être votre tempérament, votre expérience particulière, vos études, vos principales réussites, votre potentiel ou même vos réalisations. N’hésitez donc pas à parler de ce que vos compétences apporteraient à l’entreprise: gains de temps, économie de coûts, réduction du taux d’erreurs et donc, gains en productivité.

Négocier son salaire en fonction de son interlocuteur

Négocier son salaire à l'embauche - négociation salariale

Si au bout de la négociation, votre interlocuteur vous oppose une fin de non-recevoir, ne soyez pas abattu, ne vous énervez pas, mais gardez votre calme et préparez-vous à cette éventualité en réfléchissant dore et déjà à une solution de repli. Si le salaire qu’on vous propos ne peut pas être modifié, vous avez la possibilité de demander qu’on instaure un système de bonus ou de prime.

Pour les postes où le salaire variable est important, pensez à demander une augmentation du salaire fixe pour une diminution du salaire variable. Ce levier de négociation est loin d’être à négliger étant donné que la part variable occupe généralement une portion croissante du salaire, principalement chez les cadres.

Les modalités d’attribution de la part variable se doivent d’être contractualisée, et les objectifs clairement fixés, à la fois réalisables et quantifiés. Voici un exemple classique: La direction générale fixe à un de ses cadres, des objectifs qu’il ne pourra pas atteindre car n’ayant pas le nombre de collaborateurs dont il a besoin. Autre cas: on charge un responsable de service de réduire certains frais généraux pourtant, il n’a aucun pouvoir d’action étant donné que ces services ne dépendent pas de lui.  Faites donc attention, à ce que vous signez.

Ne négligez pas les conditions de travail secondaires et les avantages en nature (voiture de fonction, bons de carburant et tickets restaurants, jours de congé, télétravail, horaires flexibles, assurances, prime d’embauche), qui peuvent être un complément de revenu non-négligeable.

Rester toujours juste

Ayez la présence d’esprit de toujours rester juste dans les négociations. Ne faites pas de propositions irréalistes. Vous devez garder en esprit votre avenir au sein de cette entreprise, donc, discutez de manière courtoise et professionnelle de votre rémunération applicable à votre poste et à votre secteur d’activité avec votre recruteur.

Si vous jugez que le salaire qu’on vous propose durant votre entretien de recrutement est toujours bas et ne vous permettra pas de subvenir à vos besoins en étant à l’aise, alors faites part de votre insatisfaction à votre interlocuteur. Ceci doit en principe le pousser à réagir et à vous faire une meilleure proposition une entreprise ne gagne absolument rien à recruter un employé démotivé.

Conclusion

Négocier son salaire à l’embauche est certes un exercice difficile, mais loin d’être  insurmontable. Avant de vous plonger dans le processus de négociation de votre salaire, gardez toujours en esprit ces quelques astuces de base, qui vont à coup sûr vous aider à apprêter votre argumentaire et à mettre toutes les chances de votre côté.