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Dans un monde où le marché du travail est en perpétuelle évolution, le salariat est de plus en plus considéré comme un modèle trop rigide qui empêcherait aux collaborateurs d’exprimer tout leur potentiel. C’est dans ce contexte que l’entrepreneuriat apparaît comme la voie de l’émancipation, une voie qui, en revanche n’est pas de tout repos.

Comment définir l’entrepreneuriat ?

L’entrepreneuriat, désigne le fait de mener une activité dont on est soi-même l’initiateur, comme le montre son sens étymologique. Le dictionnaire indique des synonymes comme commencer, tenter, s’engager au verbe entreprendre. Trois verbes d’action qui définissent parfaitement le sens véhiculé par ce terme.

Effectivement, en tant qu’initiateur de projet, c’est grâce au plan d’action de l’entrepreneur que l’activité peut débuter et avancer. Il est également celui qui prend le plus de risques en démarrant une activité dont le seul garant est sa créativité. Entreprendre, c’est aussi s’engager, autant auprès des associés, les rassurer que le projet en cours est une bonne idée, qu’auprès des collaborateurs, les convaincre que la pérennité de l’entreprise leur procurera une stabilité à leurs postes et leur assure une évolution de carrière.

Au-delà de tout cela, l’entrepreneuriat se définit comme la faculté de créer de la valeur ajoutée à partir de ressources limitées, les exploiter afin de pouvoir répondre à une demande exprimée par les consommateurs.

Qui peut entreprendre ?

Qu'est ce que l'entrepreneuriat - entrepreneur

L’idée de devenir entrepreneur sonne souvent comme un rêve, un objectif ultime pour certains. Quelle idée séduisante en effet de vivre d’une activité que l’on a soi-même créée. Beaucoup de français se laissent convaincre chaque année et tentent l’aventure en pensant avoir trouvé le bon concept pour créer leurs starts-ups. Mais entreprendre est un métier à part entière qui exige des qualités et compétences professionnelles bien définies.

  • La créativité : L’entrepreneur doit être capable d’innover en permanence afin de promouvoir l’activité de son entreprise et rester compétitif face à la concurrence
  • La rigueur : Il doit également être rigoureux pouvoir organiser et gérer son équipe.
  • L’humilité : Il doit avoir le recul nécessaire et être capable de se mettre en question
  • Confiance en soi : Etant le garant de l’image de l’entreprise, il doit afficher une assurance et être le premier à croire au succès de son entreprise
  • Le Leadership : Il doit être un bon leader, avoir une force de persuasion et faire adhérer son entourage à ses idées.

Quelle orientation pour devenir entrepreneur ?

En règle générale, les chefs d’entreprise sont d’accord sur le fait qu’avoir fait des études supérieures dans les grandes écoles constitue un avantage considérable et favorise le succès d’un entrepreneur. Nombre de ces dernières proposent plusieurs formations visant à former des futurs managers qui seront aptes à devenir des entrepreneurs de demain.

Issus d’une formation de bac + 5, les managers ayant reçu ces formations y ont pu apprendre à réaliser une étude de marché, gérer un budget, construire un business plan et apprennent le mode de fonctionnement des grandes entreprises par le biais de stage ou d’une formation en alternance. En clair, une formation complète afin de les préparer à endosser le rôle de chef d’entreprise pour plus tard.

Certains instituts sont réputés plus que d’autres en ce qui concerne ces formations. Selon le classement The Economist 2017 des meilleurs masters en management (MIM), la France est dignement représentée car la première place de ce classement est occupée par la HEC de Paris. Parmi ce classement est aussi représenté l’EDHEC Business School de Lille à la seizième place.

Quelles sont les différentes formes d’entrepreneuriat ?

  • La création ex nihilo: Ex nihilo est une expression latine signifiant « à partir de rien ». Autrement dit une création pure. Créer une entreprise quand rien n’existe n’est pas une situation facile, d’autant plus qu’il faudra faire face aux barrières à l’entrée sur le marché et patienter avant de pouvoir arriver à implanter son produit, acquérir des consommateurs, mais aussi convaincre les et les éventuels partenaires du projet (chercheurs, investisseurs, collaborateurs). Par conséquence, le degré d’innovation nécessaire est plus élevé et il en est de même pour la prise de risques. Le business plan de ce type de création doit également être en béton et être étoffée de plusieurs études prédictives surtout sur le plan financier pour que le projet soit viable.
  • La reprise d’entreprise: La reprise d’entreprise ou d’activité présente une différence de taille avec la création d’entreprise. L’organisation existe, elle n’a pas à être créée. Si elle existe, il est alors possible de s’appuyer sur des données qui la décrivent dans son présent, son histoire, sa structure et son fonctionnement. Dans ces conditions, l’incertitude est généralement moindre et les niveaux de risque beaucoup plus faibles. Comme pour la création d’entreprise, la reprise peut être réalisée par un individu pour son propre compte ou par une entreprise existante. Au moins deux cas de reprise d’entreprise peuvent être examinés :
  • La reprise d’entreprise ou d’activité en bonne santé :

Repérer une entreprise mise en vente alors que son activité bat son plein reviendrait à tomber sur une mine d’or, autant dire que c’est une situation très rare, mais probable.  C’est le scénario idéal pour un entrepreneur disposant des fonds nécessaires pour reprendre une telle affaire. Par ailleurs il va de soi que ce soit pour le cas d’une création ex nihilo ou d’une reprise, il serait préférable d’avoir déjà bénéficié au préalable d’une expérience probante dans le management. Il est également indispensable de maîtriser la filière d’activité de l’entreprise à reprendre. Il convient, en effet, de ne pas perdre trop de temps dans l’apprentissage du métier de chef d’entreprise.

  • La reprise d’entreprise ou d’activité en difficulté :

Dans ce cas de figure, il est de rigueur de préciser que lorsque l’entreprise est en situation de redressement judiciaire, il est indispensable de connaître le cadre légal de reprise de l’entreprise à reprendre. Il est également conseillé d’avoir des relations avec des acteurs clés dans ce milieu. Le coût d’achat d’entreprises se retrouvant dans cette situation étant naturellement beaucoup plus abordable que celles en difficulté, ce qui peut paraître comme un avantage, en revanche il faut garder à l’esprit qu’elles nécessitent souvent une très forte recapitalisation financière. Reprendre une entreprise en difficulté nécessite également une bonne connaissance des situations de crise.

  • L’intrapreneuriat: Le terme intrapreneuriat apparaît pour la première fois dans un écrit dont Gifford Pinchot III et Elizabeth Pinchot sont les auteurs. Ce terme désigne la création ou le développement d’une nouvelle activité au sein d’une même entreprise, mission qui incombe souvent aux cadres dirigeants de cette dernière. L’intrapreneuriat peut prendre la forme d’une succursale, ou souvent d’une délocalisation à l’étranger.
  • Essaimage ou extrapreneuriat: Désignant en son sens premier, un phénomène observé au sein d’une ruche d’abeille, quand une partie d’abeilles quittent la ruche avec une reine pour former une nouvelle colonie, le terme essaimage a été étendu dans le monde des entreprises. L’essaimage est utilisé pour désigner un accompagne de départ de ses salariés par une entreprise en les aidant à créer leurs propres activités. C’est un phénomène observé le plus souvent au sein d’entreprises dans le mode des nouvelles technologies de l’information. Cette forme de création d’entreprise génère 10 fois plus de retombées en création d’emplois qu’une licence concédée à une entreprise existante pour lancer un nouveau produit sur le marché.
  • L’autoentrepreneuriat:  Créé en 2008 en France, le statut d’autoentrepreneur est un régime de de travailleur indépendant accessible à tous que ce soit dans le cadre d’une activité principale ou secondaire. Le principal avantage de ce régime réside dans la simplification de toutes les démarches administratives à respecter en tant qu’entrepreneur. Au niveau financier, ce régime permet également de réduire les charges sociales, car à la place de toutes les cotisations sociales, doit être versée aux organismes compétents un versement unique proportionnel au chiffre d’affaires.
  • Entrepreneuriat social: Le principe de base ici est de créer des entreprises dont l’activité économique a été conçue de manière à créer de la « valeur sociale », à mettre en œuvre des solutions innovantes à des problèmes sociaux dans les domaines de la création d’emplois, du développement durable, de l’environnement, de la santé, ou toute activité pouvant bénéficier à la société. Les entreprises de microcrédit, à l’image de la Grameen Bank de Mohamed Yunus, constituent un bon exemple.
  • Entrepreneuriat public: Les entreprises publiques et les différents établissements des gouvernements au niveau National, provincial ou local, orientés vers le service aux citoyens, constituent l’essentiel de l’entrepreneuriat public. Ils contribuent à la création des ressources collectives nécessaires au développement économique.

L’entrepreneuriat en France

LDLC, N° 1 de l’informatique en ligne en France

La société LDLC est un exemple très représentatif d’un entrepreneuriat réussi en France.

En Janvier 1996, Laurent : le fils aîné de la famille Clergerie d’origine Lyonnaise, diplômé en Sciences économiques et ingénieur en électronique est demandeur d’emploi. Passionné d’informatique, il a l’idée de se lancer dans l’e-commerce et croit fortement au potentiel de ce marché. Audacieux, créatif, et ayant trouvé sa vocation, et ayant les prérequis nécessaires en termes de formation académique, Laurent semble parfaitement répondre au profil d’un entrepreneur.

Il décide alors de se lancer dans cette aventure, et en bon leader, il ne manque pas de créer l’engouement autour de lui et embarque toute la famille dans son aventure : Caroline sa sœur est aujourd’hui Directrice administrative du groupe et son frère Olivier est le Directeur Général.

Etant une entreprise créée ex nihilo, LDLC est aujourd’hui le numéro un de l’e-commerce dans le domaine de l’informatique et possède également des stores dans tout le pays. Pendant le troisième trimestre 2017-2018, le groupe fait un chiffre d’affaires de 141 millions d’euros et a finalisé le 25 Janvier 2018 l’acquisition de la totalité du capital du groupe OLYS.

Le rachat de SFR par le groupe Altice

Pionnier dans le domaine de la télécommunication en France, SFR ouvre sa ligne GSM dès 1992. Premier opérateur alternatif à France Télécom, et également prépondérant dans le fixe avec la formation de Cegetel, le rachat de Neuf Telecom ou de Télé 2. Cet opérateur a été parmi les premiers à proposer la 3G. Et pourtant SFR est aujourd’hui loin de son heure de gloire. Touché par la concurrence de Free, l’opérateur a été cédé en 2014 à Patrick Drahi pour 13, 5 milliards d’euros en 2014 et souffre actuellement d’un sous-investissement dans son réseau duquel résulte une baisse de qualité de services et une fuite d’abonnés.

Nous sommes ici en présence d’une reprise d’une entreprise en difficultés qui a profité à Patrick Drahi qui possédait toutes les cartes en main pour acquérir le pionnier de la télécommunication. Président fondateur du consortium Luxembourgeois Altice, et actionnaire majoritaire de plusieurs opérateurs de télécommunication autant en France : Virgin Mobile, SFR Group, mais aussi à l’étranger : Israélien Hot mais aussi Portugal Telecom. Autant dire qu’il possède bien plus qu’une expérience probante dans le management d’entreprise et qu’il connaît parfaitement autant le domaine de télécommunication que le cadre légal et le contexte de l’acquisition de SFR.

L’essaimage en France

Qu'est ce que l'entrepreneuriat - essaimage

L’essaimage peut être pratiqué par n’importe quelle entreprise, sous réserve qu’elle en ait les besoins et la volonté. Le mieux est de se renseigner auprès de son employeur pour savoir s’il a mis en place un dispositif de ce type. Plusieurs grandes entreprises se sont lancées dans de telles politiques et accompagnent de manière active leurs salariés-créateurs. Parmi elles : Air France, CEA (Commissariat à l’énergie atomique), EADS, EDF, France Télécom, La Poste, Renault, Groupe Saint Gobain, Sanofi-Aventis, Schneider Electric et Total.

Chez Sanofi-Aventis par exemple, depuis 1987, l’essaimage a donné lieu à plus de 1 000 créations ou reprises d’entreprises. Même situation chez France Télécom qui a permis la création de 1 300 entreprises en un peu moins de dix ans.

Quelques chiffres clés

Dans le jargon du monde de l’entreprenariat, on désigne par licorne les start-ups évaluées à plus d’un milliard de dollars. On en compte 57 dans toute l’Europe avec seulement 3 pour la France soit Blablacar, Critéo et Vente privée. Au-delà de cela, le taux d’échec des start-ups en France est encore évalué à 90%.

L’entrepreneuriat est donc, sous toutes ses formes, un moyen incontournable de création d’emplois et de richesse. Le soutien de l’entrepreneuriat suppose tout d’abord, la levée des barrières qui freine l’action entrepreneuriale