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L’entrepreneuriat social et solidaire est une activité économique qui voudrait apporter des solutions aux attentes sociales et environnementales. C’est une forme entrepreneuriale basée sur l’intérêt général, nourrissant une volonté profonde de changer le monde et qui considère le profit comme un moyen et non une finalité. Que faut-il savoir sur l’entrepreneuriat social et solidaire ?

Fondements de l’entrepreneuriat social

Apparut dans les années 90, le concept d’entrepreneuriat social voit le jour aux Etats-Unis à travers la SEI (Social Enterprise Initiative). Cette organisation qui met sur pied des projets de formation et d’accompagnement des entrepreneurs sociaux, sera suivi dans cet élan par d’autres institutions (universités, fondations, etc.) qui eux aussi, accordent aux entrepreneurs, un intérêt singulier.

Le mouvement va se poursuivre en Europe à travers les habitudes associatives, mais c’est   dans l’économie sociale qu’il va véritablement prendre corps. C’est dans une situation économique inconfortable dans laquelle se trouve l’Europe, que l’Italie en 1991, va instituer une législation concernant les associations de solidarités sociales afin d’apporter des solutions aux attentes de la population qui seraient peu ou pas satisfaites par la fonction publique.

Très rapidement, des projets entrepreneurials à caractère social vont voir le jour un peu partout en Europe, ainsi que des mécanismes d’accompagnement tel que : des fonds d’appui aux entreprises sociales, le développement de certains domaines actifs comme ceux de l’environnement, du service de proximité ou encore de l’insertion sociale. Des pays comme la France, la Belgique ou la Finlande entre autres, vont également mettre sur pied des législations pour l’encadrement des organisations sociales.

L’entrepreneuriat social et solidaire va également se développer dans les pays du sud où il est considéré comme un important outil incitatif de lutte contre la misère et l’exclusion sociale. Au vu de sa démarche qu’on qualifie d’activité à but non lucratif, l’entrepreneuriat social se voit bénéficier d’un l’appui financier accordé par les pouvoirs publics. Mais comment s’explique concrètement la notion d’entrepreneuriat social et quels sont ses modes de fonctionnement ?

L’entrepreneuriat social : définition et principes

Entrepreneuriat social et solidaire - création

Définition

Regroupant les entreprises économiques dont l’ensemble des activités, leur mode de fonctionnement ainsi que leur organisation s’appuient sur les fondements de la solidarité, de la morale et du service social. L’économie sociale et solidaire encourage le développement de l’emploi pour l’insertion sociale ou la réinsertion dans l’optique d’une solidarité accrue.

Avec un système d’administration et de prise de décisions libérales et participatives, ces structures mettent un accent sur la gestion et le contrôle rigoureux des fonds obtenus qui sont réinvestis au profit du plus grand nombre. Comme quoi, l’intérêt personnel n’existe pas dans ces organisations. Notez que l’entrepreneuriat social solidaire s’exerce essentiellement au sein des organisations telles que les fondations, associations, coopératives ou mutuelles. Cette forme d’entrepreneuriat regroupe un ensemble de fondements clairs qui le caractérise et oriente ses actions au quotidien et dont les principes majeurs sont présentés ci-dessous.

Les principes de l’entrepreneuriat social

Comme principes majeurs de l’entreprise sociale, vous avez sa finalité. Qu’elle soit environnementale ou sociale, elle s’intéresse au bien-être et à la satisfaction collective, se traduisant dans divers domaines de la vie sociale. Il s’agit entre autres : l’accès à un logement et à un emploi décent pour tous, à l’énergie, la promotion de la croissance verte ou encore la consommation bio. Certaines associations sont même essentiellement axées sur les services d’aide aux personnes âgées.

Des ressources financières encadrées. Ici, les bénéfices des actions menées, sont utilisés dans d’autres projets sociaux pour toujours plus d’action envers la communauté. Contrairement aux entreprises économiques traditionnelles, les entreprises sociales et solidaires sont à but non lucratif. La recherche du profit n’est donc pas sa mission première, mais le bien-être de la société constitue l’essentiel dans la poursuite de leur objectif.

Une gestion participative. Toutes les parties concernées sont impliquées dans la gouvernance. En effet, la distribution des responsabilités et des plus-values se fait de manière juste et prend en compte tout le monde. À présent, voici quelques caractéristiques de l’entrepreneuriat social.

Les caractéristiques de l’entrepreneuriat social

Les caractéristiques majeures de l’entrepreneuriat social tel qu’énoncées par certaines ressources sont : de réaliser et préserver les valeurs sociales et de permettre aux collectivités d’en profiter ; de viser de nouvelles possibilités de ressources pour la cause de cette fonction ; d’investir régulièrement dans l’innovation et la formation des citoyens.  A côté de cela, l’entrepreneuriat social repose sur des éléments majeurs que voici.

Sur quoi repose entrepreneuriat social ?

Ayant des points communs, mais aussi des points de divergences avec l’entrepreneuriat traditionnel.

L’entrepreneuriat social s’appuie sur trois piliers principaux à savoir :

  • La garantie économique du projet

Il doit apporter des solutions à un désir réel identifié au même titre que toute activité qui se veut durable. Et cela passe par une étude de marché et a pour objectif une bonne rentabilité afin de produire des moyens financiers et des emplois.

  • La visée sociale et environnementale

Eléments centraux du projet, elles ont pour objectif de donner une importance sociale à l’activité aussi bien aux personnes intéressées qu’à la collectivité. Les éléments d’une vie meilleure dont l’entreprise devra apporter des solutions peuvent être soit : la qualité de l’habitat, l’insertion sociale, accès aux soins médicaux, etc.

  • L’encadrement des intérêts

Selon son statut juridique, les gains réalisés par l’entreprise sont réinvestis prioritairement pour l’exécution optimale des visées sociales et environnementales. Les intérêts personnels sont quasis inexistants et strictement encadrés.

L’entrepreneuriat social se positionne donc comme une solution à l’amélioration des conditions de vie  à travers la mise en place d’activités économiques rentables. C’est un modèle entrepreneurial connu à travers le monde. Elle contribue à la rénovation des modèles économiques  dont les limites ont été prouvées par les adeptes de cette doctrine dont le but est de garantir l’intérêt général. De ce fait, elle propose une issue potentielle entre l’économie de marché traditionnel et activité de l’Etat. Dès lors, une relation étroite se crée entre l’intérêt collectif et l’action ainsi que la viabilité.

A cause de leur grande dépendance aux financements publics, le contexte politique assujettit fortement les entreprises sociales. En France, celles-ci peuvent bénéficier des appuis matériels et financiers grâce à l’Entreprise solidaire d’Utilité sociale (ESUS) qui est une structure d’agrément légale.

Des organisations communautaires comme le Mouvement des Entrepreneurs Sociaux (MOUES) permettent de rassembler les pratiques et les énergies à travers la publication d’ouvrages. Ces différentes actions permettront de trouver le  juste-milieu entre projet social et réussite économique, et de s’intéresser en même temps à la situation d’entrepreneur social ainsi qu’aux conditions pour accéder à cette profession.

Qui est entrepreneur social ?

Peut être considéré comme entrepreneur social toute personne à la tête d’une organisation disposant d’un programme économique à long terme et dont la finalité est d’apporter des solutions aux différentes insatisfactions sociales et environnementales. C’est donc la finalité poursuivie par l’entrepreneur social qui fait toute sa différence par rapport aux entrepreneurs traditionnels.

Il n’existe pas encore en France de reconnaissance légale de la qualité d’entrepreneur social. Ce qui fait de cette profession une profession libérale ouverte à tous. Mais la finalité environnementale ou sociale (soit de changer le monde) demeure le critère prioritaire. Cependant, le statut de l’entreprise elle, peut constituer un critère d’identification. Mais attention ! Toutes les associations, coopératives ou autres organisation ne sont pas forcément des entreprises sociales.

L’entrepreneur social est donc celui-là qui cherche à apporter des solutions à des problèmes sociaux en suggérant des solutions autres que celles existantes. Mais faut-il forcément disposer d’un background important pour accéder au statut d’entrepreneur social ?

La profession d’entrepreneur social : en savoir plus

Entrepreneuriat social et solidaire - reprise

De nombreuses écoles de formation permettent de se spécialiser dans le domaine de l’entrepreneuriat social. Mais cela n’est pas indispensable pour accéder à ce statut. En effet, ce qui compte le plus est la motivation et le désir personnel de se battre contre une difficulté sociale.

Pour d’autres, cela relève simplement des facilités qu’ils ont à réagir lorsqu’il s’agit de l’intérêt commun. En revanche, la frustration à laquelle d’autres peuvent faire face peut aussi les pousser à agir. Ces différentes raisons peuvent donc être à la base d’un projet social et faire de vous un entrepreneur social.

Mais devenir entrepreneur dans le secteur social ne suffit pas. Il vous faut disposer des aptitudes entrepreneuriales telles que la persévérance, pouvoir relever les challenges, rassembler autour de vous. Aussi, le besoin en compétence nécessite que vous vous lanciez à la recherche des capacités qui vous seront utiles dans votre projet.

De même, en tant qu’entrepreneur et surtout dans le secteur social, vous devez savoir solliciter un appui ou un accompagnement. Cela vous serait d’une grande utilité car, vous aurez très souvent besoin d’être accompagné ou de ressources nécessaires dans la conduite de vos projets. Vous pouvez même intégrer des structures qui encouragent la croissance en vue de mener à bien votre action.

L’économie sociale

Lorsqu’on parle d’économie sociale, cela fait référence à l’ensemble des mouvements économiques menés par les entreprises sociales encadrées par un certain nombre de principes à savoir : un statut particulier, une place primordiale accordée à l’humain par rapport au capital, un domaine économique présent sur le marché mais avec ses particularités, et des biens qui ne peuvent pas être partagés.

Les produits ou services qui sont vendus par les entreprises sociales viennent satisfaire un besoin commun exprimé. Les bénéfices récoltés sont de nouveau investis afin d’accroître le marché ou les services au même titre que les entreprises purement commerciales. Reste que leur intérêt demeure celui de la collectivité.

Avec l’avènement de la loi du 31 juillet 2014, les fondations, associations, coopératives et mutuelles ne sont plus les seules à faire partir de l’économie sociale. Les sociétés commerciales sont également éligibles à ce statut à condition de respecter certaines modalités. Mais comment est reparti le domaine économique ?

Les différents secteurs économiques

Trois secteurs peuvent être attribués à l’économie. Ces secteurs sont les suivants :

  • Le secteur privé. Appartenant à des individus dont l’objectif est essentiellement lucratif et dont les intérêts sont strictement personnels, avec un mode de gestion patrimoniale.
  • Le secteur public. Il est du ressort de l’Etat.
  • Le secteur privé non lucratif. Bien qu’étant privé, le nombre d’actionnaires dans ce secteur n’est pas limité comme dans le privé lucratif. On y trouve donc des volontaires sans intérêt pécuniaire. A la suite de ces différents secteurs de l’économie, se trouvent les différentes structures faisant partie de l’économie sociale et solidaire ainsi que leur statut juridique.

Les structures de l’économie social et solidaire

Les coopératives

Régies par la loi de septembre 1947, les activités de la coopérative se pratiquent dans l’ensemble des secteurs et doivent se conformer aux fondamentaux suivants : une gestion libérale, une adhésion libre et accessible à tous, la contribution économique et la formation des membres, la collaboration avec d’autres coopératives. Si la coopérative enregistre des surplus, ceux-ci sont mis de côté au profit de tous.

Les mutuelles

Elles sont constituées sur la base de l’entraide professionnelle afin de compenser un risque ou un accident en répartissant raisonnablement les frais entre les membres. Les mutuelles sont encadrées par le code de la mutualité.

Les fondations

Ils reçoivent des financements privés qu’ils gèrent, se fixent des objectifs et emploient ces financements pour des actions publiques. Leurs actions peuvent être directes ou réalisées à travers une organisation dont elle soutien les actions.

Les associations

Les associations sont à but non lucratif et le pouvoir est reparti entre les différentes entités qui composent l’association (Assemblée Générale, Conseil d’administration).

L’économie sociale et solidaire se présente désormais comme une réponse éventuelle aux multiples crises rencontrées dans le monde. Ceci est la conséquence de la position privilégiée qu’elle occupe au sein de l’innovation sociale et solidaire.

Les entreprises sociales et solidaires arrivent à développer des emplois dans des secteurs où pour la plupart, les communautés, et même l’Etat de manière générale n’y parvient plus seul. C’est un accompagnement important des gouvernements, car elle leur permet d’effectuer des économies considérables, et donne la possibilité aux régions de se refaire un socle économique efficace.

En effet, les entrepreneures sociales participent à grande échelle à l’allègement des insuffisances publiques. Grâce à leurs actions, des économies sont réalisées par la collectivité notamment sur les montants parfois importants de prise en charge (dépenses relatives au surendettement, les allocations chômage, l’ébergement d’urgence, etc.).

Entrepreneuriat social et solidaire : conclusion

L’entrepreneuriat social et solidaire repose sur la satisfaction d’un ou de plusieurs besoins sociaux ou environnementaux pour le bien-être collectif. C’est une forme d’entrepreneuriat à but non lucratif et dont les intérêts sont orientés vers la communauté. Quel que soit leur statut, les entreprises sociales poursuivent toutes le même objectif : changer le monde.