Depuis mi-septembre, Google est au cœur d’un procès énorme aux Etats-Unis. En gros, on leur reproche de maintenir leur position dominante via des méthodes plus ou moins légales. Dans le cadre de ce procès, le CEO de Google (Sundar Pichai) a été appelé à témoigner. Et pour plaider sa cause, il a été obligé de dévoiler certains documents confidentiels qui nous éclairent (un peu plus) sur le fonctionnement de leur algorithme de recherche gardé secret. bDans cet article, je vous propose un récapitulatif des points clefs de ce qui a été dit (pour que vous n’ayez pas à vous farcir des centaines de pages de documents en anglais). 

Les fondations sont présentes : contenu, liens et technique

Les trois piliers du référencement restent présents. On les appelle parfois le “triangle du SEO”.

  1. Le contenu de votre article de blog doit correspondre à l’intention de recherche est être optimisé pour un mot-clef. Il vous faut une autorité sur votre sujet, d’où l’intérêt d’avoir un site de niche ;
  2. Les liens (backlinks) permettent à Google de juger de l’autorité d’un site ;
  3. La technique / construction de votre site est importante (est-ce que votre page charge rapidement, est-ce qu’un visiteur circule bien d’une page à l’autre, etc.).

Jusque là rien de nouveau. 

Là où ça change, c’est lorsqu’il s’agit de départager plusieurs sites qui ont tous des bonnes notes au “triangle”. 

Globalement, sur certaines requêtes les 20 premiers résultats pourraient arriver en première position.

Et pour sélectionner le meilleur, Google vous espionne, vous, utilisateur du web. 

Si vous êtes un formateur SEO et que vous lisez cet article, vous risquez de devoir mettre à jour certains de vos cours !

Le comportement de l’utilisateur

Sur internet, vous êtes fliqué. Rien de nouveau là-dedans. Et ceux parmi vous qui ont un site web doivent savoir à quel point il est facile de récupérer des informations sur ses visiteurs. 

Et bien Google fait la même chose et se sert de ses résultats pour classer les sites entre eux. Ils utilisent notamment : 

1️⃣ Le CTR (Click-through rate, ou taux de clic en français) de votre article. Si vous êtes en première position et que personne ne clique sur votre article, c’est probablement que vous n’intéressez pas les internautes et que vous ne méritez pas votre première place. 

Pour surveiller votre CTR : 

  1. Rendez-vous dans la Google Search Console
  2. Allez dans l’onglet « Performance » puis “Résultats de Recherche”
  3. Cochez la case “CTR moyen”
  4. Cliquez sur l’onglet “Pages”
  5. Vous aurez accès aux CTR moyens de vos pages. Si vous le jugez trop bas, modifiez votre méta-titre et méta-description avec Yoast SEO (par exemple). 

2️⃣ Le taux de rebond est une donnée qui indique qu’un visiteur a cliqué sur votre site et en est reparti. Il a “rebondi” sur votre page. 

Cependant, ce chiffre n’est pas à prendre tel quel. 

  1. Si l’internaute visite un autre site après le vôtre, c’est que logiquement il n’a pas trouvé sa réponse dans votre page. Alors votre article n’est pas bon aux yeux de Google.
  2. Si l’internaute visite votre site, revient sur la page de résultats et fait une autre recherche, c’est que votre article lui a donné sa réponse. Il est donc bon, et mérite d’être remonté dans la page de résultats. 

Vous pouvez trouver votre taux de rebond via Google Analytics, mais il ne vous dira pas ce que l’internaute a fait après. Vous ne savez donc pas si c’est bien ou mal. 

3️⃣ Le temps moyen resté sur la page. Peu importe de comment votre internaute rebondit, plus il reste longtemps sur votre article mieux c’est.

Faites donc des articles qui intéressent les lecteurs, intégrez des vidéos (pas forcément les vôtres, mais au moins vous augmentez le temps sur votre page), mettez des images, etc. 

Bref, captivez vos visiteurs !

👉🏻 Note : Google récupère ces données quand vous êtes sur la page de résultats (qui est un des noms de domaine de Google). Mais il n’a pas accès à ce qu’il se passe sur le site que vous visitez. 

Par contre, sachez qu’ils ont accès à beaucoup plus d’informations lorsque vous utilisez Google Chrome (qui leur appartient). Là, c’est no-limit. Et c’est d’ailleurs un des sujets du procès (mais sur lequel je ne reviendrai pas aujourd’hui).

Google privilégie le contenu récent…

… à condition d’avoir autant de backlinks qu’un article ancien (ce qui est pratiquement impossible). On en revient vite à cette histoire de backlinks. 

Ceci dit, notez que la page de résultats peut totalement être modifiée en cas d’événement récent. Dans le procès, ils prennent l’exemple des attentats de Nice du 14/07/2016 vus des USA. 

Avant le 14/07/2016, si vous tapiez “nice pictures” dans Google vous aviez de jolies photos. Dès l’attentat, vous avez des photos de l’attaque. 

Cela peut sembler logique, mais la technologie qui permet à Google de réussir à faire ça est énorme. 

Et ce que ça veut dire pour nous, c’est que certains articles qui sont positionnés sur certains mots-clefs peuvent ne plus être d’actualité du jour au lendemain (à condition que notre mot-clef puisse dire autre chose). 

Les vérificateurs de Google utilisent un smartphone

Les vérificateurs de Google sont des humains (des vrais) qui font des recherches au hasard et notent la pertinence de la page de résultats. Pour ça, ils lisent les articles qui sortent. S’ils remarquent quelque chose qui ne va pas, l’algorithme est mis à jour. 

Eh bien on sait maintenant que ces personnes visitent Google via un smartphone. 

Vous devez donc vous assurer que votre site soit bien responsive (adapté aux ordinateurs et aux téléphones) car l’algorithme de Google va toujours se modifier en ce sens. 

À retenir

Voilà l’essentiel de ce qui a été dit (à ce jour) au procès concernant leur algorithme.

Si vous ne deviez retenir qu’une chose, ce serait ceci : créez du contenu pour les humains d’abord, en vous assurant qu’il plaise à Google et soit lisible sur smartphone

En effet, Google cherche à mettre en avant le contenu qui plait aux humains et améliore son algorithme pour aller dans cette direction. Si votre contenu a déjà été optimisé pour ça, vous marquez des points. 

Tous ceux qui utilisent des “hacks” SEO se retrouvent un jour ou l’autre renvoyés en page 100 par Google. C’est par exemple le cas de ce qu’on appelle le “parasite SEO” (utiliser des sites de grande autorité pour placer des articles sans rapports dans la page de résultats) que Google vient de punir très sévèrement.